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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 17:07

Les revendications corporatistes de l'armée du Faso sont de plus en plus bruyantes.Le pouvoir de Blaise compaoré est menacé. Le processus de déstabilisation est déclenché.

 

 

 

Non,l'Afrique de l'Ouest,malade de la Côte d'Ivoire, n'a pas besoin de ces bruits de bottes qui persistent depuis un mois à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Dans la soirée du jeudi 14 Avril à 21h, des coups de feu en provenance du palais de Kossyam ont été entendus par les habitants de Ouaga. Un journaliste de l'AFP rapporte que le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré,confronté à une mutinerie de sa garde présidentielle, avait quitté la capitale pendant quelques heures, pour y revenir le vendredi 15 au matin.Il s'était retiré dans son village natal de Ziniaré.

Selon l'AFP, des dizaines de soldats du régiment présidentiel répartis dans deux casernes de la capitale,dont l'une dans l'enceinte de la résidence présidentielle, se sont mutinés jeudi soir pour protester contre le non- versement d'une prime de logement qui leur avait été promise.Ils sont descendus dans les rues en tirant en l'air, ont pillé de nombreux magasins en centre-ville et ont incendié le domicile du général Gilbert Diendiéré,chef d'Etat-major particulier de Blaise Compaoré. Plusieurs personnes, des civils, ont été "légèrement blessées" lors du saccage du domicile d'un des officiers. La mutinerie s'est ensuite étendue à trois autres casernes de Ouagadougou

 Comment ne pas rappeler que fin mars, des militaires en colère qui protestaient contre la condamnation et l'emprisonnement de certains de leurs camarades inculpés dans des affaires de moeurs et de viols, s'étaient emparés d'armes de guerre dans des garnisons de plusieurs villes dont Ouagadougou.

  Quelle fièvre subite s'est emparée de cette vaillante armée réputée pour sa discipline, sa rigueur,mais surtout pour son sens de la responsabilité qui l'a amenée plus d'une fois à se faire entendre et respecter dans l'arène politique. Comment ne pas rappeler à cet égard la date du 13 janvier 1966 où elle  sort des camps pour restaurer le pouvoir d'achat des travailleurs et la dignité du peuple face à la trahison du pouvoir d'alors qui, après avoir dilapidé les deniers publics, décide de réduire de 20% la masse salariale?A la demande du peuple en colère, le Commandant Sangoulé Lamizana,"le militaire le plus gradé dans le grade élevé" prit le pouvoir au nom de l'armée. Depuis cette date, la grande muette n'est plus restée indifférente à la politique, comme en  témoigne le parcours d'un certain capitaine Blaise Compaoré, parti le 4 août 1983 à la tête des militaires du Centre national d'entraînement commando (CNEC) de Pô, prennent d'assaut Ouagadougou,chassent le pouvoir des généraux et colonels,installent le pouvoir des capitaines chapeauté par un Conseil national de la révolution(CNR). La révolution mobilise grand monde mais rapidemant commence à dévorer ses petits. Le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara, leader charismatique de la révolution burkinabè tombe dans une fusillade. S'ouvre alors devant le capitaine Blaise Compaoré son destin national. Le pouvoir lui revient. Il est le Président. Depuis 24 ans!

La grogne actuelle est-elle la manifestation d'une simple insatisfaction quant aux conditions de vie dans l'armée, ou la traduction d'un malaise plus profond prenant ses origines dans une quête politique en cours d'élaboration? La dernière hypothèse parait plus crédible quand on sait que la mutinerie couvrant la soirée du 14 avril et la journée du 15 avril est le fait de la troupe d'élite de l'armée burkinabè, celle qui assur la sécurité du Président de la République. Le temps aura t-elle raison de la longue histoire d'amour entre le beau Blaise et son armée,en particulier sa branche la plus choyée.Blaise doit décider vite et dans le bon sens. L'affaire est sans doute politique.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 00:25

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Mardi 30 novembre.La journaliste de Radio France Internationale a eu le mot juste pour décrire ce que le FPI ou, si l'on préfère La Majorité Présidentielle(LMP du candidat Laurent Gbagbo) a montré en live aux confrères nationaux et internationaux accourus au siège de la Commission électorale  dans le but de recueillir les résultats partiels du second tour de l'election présidentielle. "SCENE SURREALISTE" dit-elle, voyant un membre de la Commission se ruer sur son camarade de la même institution, lui arracher le document dont il s'apprêtait à livrer le contenu sur les antennes de la télévision ivoirienne.Le commissaire Damana Picasse jouait le rôle de la bête pour le compte du candidat Laurent Gbagbo,Président sortant, pendant que Bamba Yacouba, porte-parole de la Commission électorale ,était tout bonnement dans son rôle: livrer les résultats de l'élection aux Ivoiriens qui n'en peuvent plus d'attendre. Ainsi va la Côte d'Ivoire pendue à l'humeur et aux intérêts de Mr Gbagbo. Tout ça va finir. Ici et maintenant.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 11:33

La Commission électorale Indépendante attend certainement que tout brûle et que plus rien de positif ne soit possible après le second tour de l'élection présidentielle qui s'est déroulé dimanche 28 novembre dans les conditions de violence que l'on sait, faisant plus d'une dizaine de morts.Pourquoi tarde t-elle à donner les résultats définitifs afin de limiter les dégats, libérer les Ivoiriens de cette atroce psychose qui enveloppe le pays depuis 48h que les bureaux de vote ont fermés, surtout  que seuls deux candidats sont en lice et que les résultats de chaque bureau de vote ont été proclamé  puis affichés au même lieu après le dépouillement des urnes effectué sur place.timthumbCAIEBD8Y.jpg

Le silence lourd de la CEI alimente ce mardi matin des rumeurs des plus alermantes surtout que les journalistes accrédités auprès de l'institution ont été priés de quitter les lieux. Subit-elle des pressions? De qui? Subit-elle des contraintes extérieures? De quoi? Dans la rue, les supputations pessimistes prospèrent ici et là. " Il parait que Gbagbo va dissoudre la CEI et le gouvernement; il parait que le Président de la CEI a échappé cette nuit à un enlèvement; il parait que Gbagbo va s'autoproclamer Président réélu".

Que se passe-t-il? Que se passera-t-il aujourd'hui? Est-il question de voler à un candidat sa victoire? Les Ivoiriens retiennent leur souffle et s'interrogent. Vont-ils assassiner la démocratie et tuer l'espoir?

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 01:46

Le couvre- feu "assassin" instauré par Laurent Gbagbo à la veille d'un scrutin historique ainsi que les affrontements ayant opposé manifestants et policiers à Abobo(Nord d'Abidjan) qui se sont soldés par la mort d'au moins trois militants de l'opposition tombés sous les balles des Forces de l'ordre ont eu pour effet de plomber la participation des Abidjanais à ce secound tour. En effet, les bureaux de vote, ouverts à 07h,ne connaissaient pas jusqu'à midi l'affluence du premier tour.Le taux de participation dans le grand Abidjan qui avait été de 84,87%(1 453 618 suffrages exprimés) au premier tour le 31 octobre sera bien faible si l'on en juge par ce qui était observable dans la mi- journée.Amon_Daby_Plto-20-Large-.jpg             

 

  Dans l'après, des observateurs et certains correspondants de presse faisaient état d'irrégularités sérieuses notamment les empêchements de vote de citoyens supposés appartenir à l'opposition, vols d'urnes et expulsions des bureaux de vote des représentants du candidat rival. La direction de campagne du RHDP au cours d'une conférence de presse a dénoncé les mauvais traitements infligés à ses militants ainsi qu'aux représentants de son candidat dans les souscriptions électorales du Centre-Ouest(Gagnoa), Haut-Sassadra(Daloa), Bas-Sassandra(Sassandra). Réponse du berger à la bergère,Affi N'guessan, Porte-parole de Laurent Gbagbo, accuse les Forces Nouvelles (ex-rebelless) d'avoir transformé la zone CNO(Centre-Nord-Ouest) en un centre de punition pour les officiels et les partisans de son bord.

Le bilan du 2è tour de ce dimanche 28 novembre aura été lourd, macabre: six morts.

Et pourtant, la tonalité du "Face à Face" du 25 novembre entre les deux candidats laissait présager un scrutin serein. Très vite il s'est avéré que cet événement historique qui a fait honneur à la Côte d'Ivoire et l'Afrique n'était qu'un grand bluf. 

  Les résultats sont attendus dans la journée du lundi 29 novembre. Alassane Ouattara est largement favori.

 

 

 

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 12:27

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  Le Conseil de Sécurité  de l'ONU a décidé mercredi 23 novembre de transférer du Libéria en Côte d'Ivoire trois bataillons d'infanterie (500 hommes) et une unité aérienne en raison des menaces de violence qui pèsent sur le second tour de la présidentielle prévu pour dimanche 28 novembre 2010. Dans une menace à peine voilée, les membres du Conseil de sécurité réitèrent "leur vigilence à l'égard de ceux qui font obstacle à la paix et incitent publiquement à la haine et à la violence".

   Dès le 19 novembre, à quelques heures de l'ouverture officielle de la campagne, la Fédération des Etudiants et Scolaires de Côte d'ivoire (FESCI)de sinistre réputation a manifesté qu'elle entendait bien imposer la violence dans le débat politique au cours de ce round décisif.Ainsi, au nez et à la barbe des Forces de défense et de sécurité, elle lancé une attaque en règle contre le siège du RHDP, la coalition de partis qui soutient le candidat Alassane OUATTARA. Bilan: plus d'une vingtaine de militants de l'opposition blessés à la machette et autres armes blanches. Forts de leur statut d'intouchables de la République,ces étudiants guerriers, munis du glaive vengeur écument les communes d'Abidjan pour sévir contre tous ceux qui ne portent pas dans leur coeur leur mentor, le candidat Président sortant Laurent GBAGBO. Et chaque jour charrie sa cohorte d'actes de violence à l'encontre de citoyens dont le crime est d'être différents et de penser autrement. Violence et attaques gratuites nourries par le discours ambiant mensonger,tribaliste, haineux.

C'est dans cette atmosphère surchauffée qu'a lieu(jeudi 25 novembre à 21h) le si explosif "Face à Face", la séance d'explication où pendant deux heures,Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA s'expliqueront et exposeront leur projet de société et leurs programmes de gouvernement devant de millions d'auditeurs et téléspectateurs de Côte d'Ivoire et du monde. La Radiodiffusion-Télévision Ivoirienne(RTI) a retenu cinq thèmes de débats pour ce "Direct" inédit: la Politique nationale, la Défense et la sécurité,l'Economie,la Politique Etrangère. Le journaliste modérateur de la RTI Brou AKA Pascal, connu pour son professionnalisme, saura sans doute maîtriser son émission afin de tirer le meilleur de chacun de ses invités. Que l'essentiel ne soit pas noyé dans l'accessoire, le superflu et le dilatoire. Le journaliste doit constamment avoir à l'esprit que de l'émission de ce jeudi soir dépendra la météo politique des jours prochains.

Le facilitateur dans la crise ivoirienne le Président Blaise Compaoré annoncé à Abidjan pour le samedi 27 novembre, n'arrive-t-il pas pour constater la fracture sociale dûe à la radicalisation des positions des acteurs des deux camps? D'ici là, on se demande par quel miracle le discours de Laurent GBAGBO peut changer dans le sens de la modération pour impacter le comportement des éléments extrémistes de son bord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 16:52

 

Ado RHDP%20(5)L'élection présidentielle du 31 Octobre 2010 a été une belle symphonie inachevée. Du vote des 4.617.821 Ivoiriens dont les suffrages ont été pris en compte sur 5 784 490 électeurs inscrits, seule une fumée grise en est sortie, aucun des 14 candidats en lice n'ayant  obtenu la majorité absolue de 2 308 960 des suffrages requis pour être élu au 1er tour. Les Ivoiriens,avec eux l'Afrique et le monde devront attendre l'issue  du 2è tour de scrutin qui dévoilera le nom du 5è Président de la République de Côte d'Ivoire en 50 ans d'indépendance. Qui de Laurent GBAGBO chef historique du Front Populaire Ivoirien (FPI), Chef de l'Etat sortant (1 756 504 voix: 38,04%) et de Alassane OUATTARA Président du Rassemblement des Républicains ( RDR-opposition) porte-flambeau des Houphouétistes (1 481091: 32,07% ) aura l'honneur de porter le glorieux titre de successeur légitime du Père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne, le Président Félix Houphouet Boigny décédé le 07 Décembre 1993? Dix sept (17) ans que l'eau sale coule sous les ponts d'Eburnie! Ce scrutin décisif aura lieu le 28 Novembre 2010.

Comme si leurs formations politiques respectives étaient trop étroites pour les enjeux, les deux candidats compétissent sous les couleurs de familles plus larges qui sont la traduction d'alliances plus ou moins anciennes. Laurent GBAGBO lui, dès le départ, a pris ses distances avec le FPI, parti au pouvoir, dont les barons sont éclaboussés par des scandales de tous ordres. Estimant  que sa propre formation  est aujourd'hui plus repoussante que séduisante, le Chef de l'Etat sortant a préféré aller à la conquête de l'électorat avec  de nouveaux camarades cooptés ça et là grâce à la magie de la redistribution de la mane présidentielle. Un conglomérat insolite d'individus qui, paradoxe des paradoxes, évoluent dans le premier carré du grand chef tout en étant à la périphérie du FPI qu'ils parasitent à mort, et pompeusement baptisé La Majorité Présidentielle (LMP).  Telle se présente la nébuleuse dont se réclame le Président-candidat. A l'opposé, le candidat Alassane OUATTARA  et son parti le RDR ont plié bagage pour se mettre sous la puissance tutélaire du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), groupemement politique créé en 2005 par les quatre partis majeurs de l'opposition en vue de la conquête et de l'exercice en commun du pouvoir. Il s'agit du

-  PDCI-RDA, parti doyen fondé en 1946 par Félix Houphouet Boigny, et qui fut l'instrument de la décolonisation, du miracle économique ivoirien, de la cohésion sociale et de la paix. Son candidat Henri Konan Bédié est arrivé en 3è position au premier tour avec 25,24% des voix.

- RDR , créé autour de l'image du Dr Alassane OUATTARA dont le souvenir en tant que Premier Ministre  du Président Houphouet Boigny (1990-1993) est démeuré impérissable dans la mémoire des fondateurs de ce parti, feu Djéni Kobinan et ses camarades.

- MFA ( Mouvement des Forces d'Avenir) créé par le bouillant Anaky Kobéna après  son divorce d'avec le FPI.Il a obtenu 0,23% des voix au premier tour. 

Enfin de

- l'UDPCI (Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d'Ivoire), le parti créé par le Général Guéï Robert, le père de la 2è République.  Au 1er tour, son leader, Dr Mabri Toikeusse a recueilli 2,57%.

Un programme commun de gouvernement existe déjà entre ces quatre forces politiques qui totalisent à l'issue du premier tour du 31 Octobre, 60,12% des voix. Un capital précieux  susceptible d'être fructifié sur les terres incertaines de Laurent Gbagbo. Le candidat OUATTARA, porté par un formidable élan populaire impulsé par l'engagement personnel du Président Henri Konan Bédié à ses côtés et la détermination des militants du PDCI surtout, a les moyens de relever ce défi. Certes, la logique arythmétique ne tient pas la route dans une élection , mais il faudra au FPI  des trésors d'imaginations, une capacité de persuasion hors pair pour éviter la débâcle au soir du 28 Novembre 2010.

                                                                            

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:34

Par un communiqué qu'ils ont conjointement signé le 2 Mai 2010, le Premier Ministre  SORO Guillaume et M.Youssouf BAKAYOKO  Président de la Commission Electorale Indépendante  informaient les Ivoirirens de la reprise du contentieux sur la liste électorale le lundi 10 Mai 2010 au matin.

A la veille de cet évènement tant attendu de tous, rien, absolument rien ne permet de dire ou de croire que cette reprise aura effectivement lieu à la date indiquée. En effet, pour plusieurs raisons, ce rendez-vous ne peut être tenu.

 Le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (coalition des quatre principaux partis de l'opposition -le PDCI, le RDR, l'UDPCI, le MFA) rejette le communiqué du 2 Mai dont l'esprit et la lettre violent les accords inter-ivoiriens, en particulier l'Accord politique de Ouagadougou. D'après ce groupement de partis qui a rendu publique sa position le 6 Mai, aucune concertation préalable n'a eu leu entre le Cabinet du Premier Ministre, la Commission Electorale Indédendante(CEI) d'une part, et les partis politiques intéressés d'autre part, ce qui serait en soi, un manquement au principe de la recherche du consensus qui préside depuis toujours aux décisions relatives à la sortie de crise. Plus grave, les signataires du communiqué du 2 Mai sont accusés par le RHDP d'avoir balayé du revers de la main la résolution prise le 22 Février à Abidjan par l'ensemble des principaux acteurs politiques en présence du Facilitateur Blaise Compaoré,Président du Burkina Faso.

Cette résolution fixait la durée du contentieux adminstratif et judiciaire à 21 jours pour arriver au premier tour de l'élection présidentielle fin avril-début mai.Elle préconisait en particulier le maintien du mode opératoire consensuel qui a permis des avancées importantes vers la paix et  aussi la préservation de la liste dite blanche de 5,3 millions d'électeurs par opposition à celle dite grise comportant 1,2 mllions de personnes dont la nationalité ivoirienne n'a pu être établie par les croisements des fichiers historiques de l'Etat ivoirien. Allant plus loin dans l'analyse des modalités instaurées par la paire SORO Guillaume - Youssouf Bakayoko, le RHDP estime que l'Institution en charge des élections a abandonné son indépendance dans une compromission avec l'Exécutf dans la mesure où les attributions  des Commissions électorales locales ont été transférées aux 415 Comités de réclamations créés d'autorité auprès de celles ci. Cette "innovation" dans le mode opératoire semble répondre à une revendication majeure du camp présidentiel. En effet, à défaut d'obtenir la recomposition des Commissions électorales locales réclamée par eux, les partisans du Président Laurent Gbagbo trouvent satisfaction dans le nouveau dispositif  mis en place pour contourner celles-ci. De ce fait, il est patent que quelque part, quelqu'un a changé les règles du jeu pendant le match. La reprise du contentieux peut-elle avoir lieu ce lundi alors même que les parties prenantes sont en désaccord sur le mode opératoire.Une rencontre imminente entre le Président Gbagbo qui sera flanqué de son Premier Ministre d'une part et l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, leaders du RHPD d'autre part, pourra-telle débloquer la situation? Restera aussi à régler le délicat problème de fonds, vu que le protocole de financement des élections avec l'Union Européenne a expiré depuis le 30 Avril dernier.

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 12:55
Dans une série de jeux d'obstacles, le Président Laurent Gbagbo fait comprendre clairement aux Ivoiriens et à l'opinon internationale son aversion pour les compétitions électorales loyales, ouvertes à tous les cadidats, en particulier ceux issus des partis signataires de l'Accord de Linas Marcoussis signé en Janvier 2003. Pour se soustraire définitivement des tenailles des instances de pression  internationale (Conseil de sécurité de l'ONU, Union Africaine et même la CEDEAO), le magicien de MAMA - son village- sort de son chapeau le " dialogue direct"  qu'il conçoit comme un huis clos entre lui-même, chef de la Côte d'Ivoire légale et légitime et Mr Soro Guillaume, chef de la rebellion militaro - politique qui a coupé le pays en deux le 19 Novembre 2002.Il prend le soin d'adosser sa trouvaille politique  à son vieil ami, celui qui a soutenu matériellement et financièrement ses longues années d'opposant à Félix Houphouet Boigny, le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso appelé à faciliter ce " dialogue direct ". De ce nouveau cadre institutionnel  sortira l'Accord politique de Ouagadougou signé le 4 Mars 2007 dont la mise en oeuvre  devrait offrir aux Ivoiriens l'élection présidentielle en seulement dix(10) petits mois. La promesse - escroquerie dure 36 mois. Entre temps , la Guinée Bissau a eu ses présidentielles peu de temps après l'assassinat du Président Nino Viéra. Entre temps aussi, les Gabonnais ont élu leur nouveau Président trois mois après le décès du Président Omar Bongo Odimba. Les Guinééns sont convoqués aux urnes en Juin 2010. Les Nigériens attendent que la junte qui a chassé Mamadou Tandja du pouvoir à Niamey leur fixe dans les meilleurs délais une date. Ailleurs s'exprime une ferme volonté d'aller aux élections. En Côte d'Ivoire, la volonté qui s'exprime farouchement est de ne pas y aller. Alors que l'on était à seulement 48h de la fin du règlement des contentieux de la liste  électorale, Laurent Gbagbo freine à mort. Coup sur coup, il dissout le 12 Février 2010 la Commission Electorale Indépendante (CEI) et le gouvernement., les deux instruments essentiels devant conduire à des élections propres et transparentes en Mars 2010. Il  fonde ses décisions sur l'article 48 de la constitution ivoirienne qui donne au Chef de l'Etat des pouvoirs exceptionnels en situation de crise. Pour les leaders de l'oppositon, les décisions prises par Laurent Gbagbo sont arbitraires, injustifiées et inacceptables. Explication du Président du RDR, l'ancien Premier Alassane Dramane Ouattara: " Dans l'Accord de Prétoriat qui a autorisé le Chef de l'Etat  à faire utiliser l'article 48, il est dit que s'il s'avérait nécessaire d'avoir de nouveau recours aux dispositions de l'article 48 de la constitution, il faudrait en discuter avec la médiation et les autres signataires. Le Chef de l'Etat n'a discuté ni avec mon aîné le Président Henri Konan Bédié ni avec moi même. Nous n'allons donc pas accepter ces décisions de dissolution qui sont nulles et de nul effet ".
Les signes annonciateurs de ces décisions lourdes de conséquences étaient visibles. En effet,  le camp présidentiel et la galaxie patriotique liée au Chef de l'Etat pointaient d'un doigt fièvreux le  Président de la CEI, l'honorable et très respectable  Beugré Mambé ainsi que des membres du gouvernement. Ils accusent le premier cité de fraude sur la liste électorale à hauteur de 429000 personnes inscrites  indument , tandis qu'ils reprochent aux autres de conduire les actions de leurs départements ministériels au goût de leur appartenance politique.
Obligé de reconduire  Soro Guillaume à son poste de Premier Ministre qu'il tient de l'Accord de Ouagadougou - le contraire signifierait la mort de celui-ci - l'homme fort d'Abidjan lui assigne de nouvelles missions. Premièrement, lui proposer dans un délai de 7 jours à compter du 12 Février, le format d'une nouvelle Commission Electorale crédible, qui pourra organiser des élections justes et transparentes. Deuxièmement, lui proposer le lundi 15 Février 2010 un nouveau gouvernement de sortie de crise et non aux ordres des partis politiques. En clair, Gbagbo veut une CEI à sa convenance, aux ordres du camp présidentiel et un gouvernement débarrassé de personnalités " encombrantes" de l'opposition.
Le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix ( RHDP), groupement des principaux partis de l'opposition dont le PDCI de l'ancien Président de la République Henri Konan Bédié et le RDR de l'ancien Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara se crispe et crie sa colère. Dans une déclaration publique datée du 13 Février 2010, le Directoire du RHDP consirère que " ces décisions de Mr Laurent Gbagbo sont antidémocratiques et anticonstitutionnelles. Elles constituent un véritable coup d'Etat. En conséquence, le RHDP proclame qu'à compter de ce même jour vendredi 12 Février 2010, il ne reconnaît plus Mr Gbagbo Laurent comme chef de l'Etat de Côte d'Ivoire". La même déclaration encourage les Forces Nouvelles, cosignataires de l'Accord politique de Ouagadougou, à contribuer à son application effective et totale pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. Contre ce qu'il qualifie de dictature, " le RHDP appelle les Ivoiriennes et les Ivoiriens, les forces politiques et sociales, la société civile, les travailleurs de Côte d'Ivoire, les opérateurs économiques à se mobiliser et à s'opposer par tout moyen à cette dictature". Un mot d'ordre politique qui a mobilisé des milliers d'Ivoiriennes et d'Ivoiriens dans des manifestations de protestation à travers les villes et villages de toute la Côte d'Ivoire. "Gbagbo on veut plus de toi"  "Gbagbo vas- t'en"  " A bas la dictature de Gbagbo" "On veut des élections" scandaient les manifestants.
L'histoire de la Côte d'Ivoire se met à bégailler.  Le pays vascille. Le doute, puis la peur s'installent au coeur des institutions.
Lundi 15 Février 2010, dans un contexte quasiment insurrectionnel, arrive à Abidjan,  tel un pompier poussé dans le dos, le Président Blaise Compaoré du Faso. Car depuis  la veille dimanche, le facilitateur dans la crise ivoirienne avait compris lorsqu'il recevait dans son palais de Kosyam à Ouaga le Président Bédié et le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, que la récréation était bel et bien terminée à Abidjan. Et que ses illustres hôtes de ce dimanche là se sont dressés pour dire non aux interminables crises de caprices royales de son " protégé ". Si bien qu'à son arrivée à Abidjan, il n'eut aucune peine à convaincre Laurent Gbagbo de remettre la CEI dans ses droits  selon  le  même format et de constituer le nouveau gouvernement dans le respect de la clé de répartition telle que définie par les Accords de Marcoussis, Accra II et III ainsi que ceux de Prétoriat. Dans cet esprit, une nouvelle CEI, clone de la précédente est mise en place dans la nuit du Jeudi 25 Février 2010, tandis que les ministres du RHDP rejoignaient le gouvernement Soro II jeudi 4 Mars 2010.
Cette autre blessure portée au processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire a été porteuse d'enseignements:
- Le camp présidentiel feint d'ignorer trop souvent  que l'Accord Politique de Ouagadougou vise tous les Accords antérieurs et que le paquet  est entériné par le Conseil de Sécurité de l'ONU, de l'Union Africaine et de la CEDEAO. Il en découle que la Commission Electorale  Indépendante et le gouvernement dans leur format de 2003, sont verrouillés, sous tutelle.
-  Le Président Laurent Gbagbo et son parti le Front Populaire Ivoirien créent de nouveaux obstacles chaque fois qu'un pas est franchi pour sortir de la crise et aller aux élections. C'est ce que disent les observateurs et les Ivoiriens y compris ceux qui sont favorables à ce camp. Pour ces derniers, " Gbagbo est trop fort! Il n'y aura pas d'élections".
- La force tranquille, dormante de l'opposition qu'incarne le RHDP se réveille pour prendre sa place et jouer son rôle.
Au moment où l'on croit que tout est rentré dans l'ordre et que le navire ivoire peut voguer sur des eaux calmes vers les rivages radieux de l'élection présidentielle, voici que des signaux avant- coureurs annoncent d'autres crises: le FPI de Laurent Gbagbo exige la restructuration de chacune des 415 commissions électorales locales; revendique des voix délibératives (droit de vote) en faveur des  nombreuses presonnes ressources affectées dans les CEI alors que ce droit est réservé aux seuls commissaires désignés par les partis politiques signataires de l'Accord de Marcoussis. La ficelle est grosse puique les personnes ressources en question sont désignées par la Présidence de la République, les Présidents d'institutions et des ministères clés tous du parti au pouvoir. Autant confier les élections à l'Exécutif ! Il exige aussi l'ouverture du contentieux judiciaire sur la liste validée de 5 300 000 personnes, le désarmement effectif des ex- combattants au mépris de l'avenant 4 de l'Accord Politique de Ouagadougou qui en donne les modalités.
Les nouvelles exigences des partisans de Gbagbo conduisent tout droit à  l'Acte 2 du feuilleton de l'horreur qui enregistre déjà 10 morts dont 5 dans la seule ville de Gagnoa, chef lieu de la région natale de Laurent Gbagbo. La comptabilité macabre promet un bilan très lourd si ça reprend. Or, les ingrédiens sont là.
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 17:05
11 Novembre 2009. L'Opération des Nations Unies en Côte (ONUCI) met en branle tous ses moyens logistiques pour assurer le transport de la liste électorale provisoire vers les lieux d'affichage en empruntant plus de 200 itinéraires.La veille, le Représentant du Secrétaire général de l'ONU l'avait reçue des mains du Président de la Commission Electorale Indépendante(CEI). Deux listes seront affichées; la première, dite liste validée comporte 5 300 586 personnes,  la seconde, 1 033 985 personnes "sans statut" car introuvables dans aucun des fichiers nationaux. Il incombe à chacune de celles ci d'apporter la preuve de sa nationalité ivoirienne. Une période de contentieux de 38 jours est ouverte à cet effet.

Le décors est donc planté pour annoncer officiellement le report de l'élection présidentielle prévue le 29 Novembre 2009. Ce n'était plus qu'un secret de polichinelle, et les Ivoiriens ont tout compris quand le président de la CEI a laché que " le 29 Novembre était la date idéale, la vraie date sera fixée par decret". Mais quand? Motus.Les fins analystes de la crise ivoirienne n'en sont guère surpris. Pour eux, des indices graves et concordants ne laissent aucun doute sur le manque de volonté du Président Gbagbo et son Premier ministre d'aller aux élections. Les audiences foraines, les opérations de recensement et d'identification de la population  n'ont-elles pas été violemment contrariées à des périodes successives par des organisations de jeunes se réclamant du camp présidentiel dans une ahurissante impunité?  Les retards enregistrés dans le décaissement des parts  de l'Etat au  financement du processus étaient-ils bien fondés? Et pourquoi le Président de la République manifeste t-il un intérêt soudain et grandissant pour le cinquantenaire de l' indépendance de la Côte d'Ivoire qui sera commémoré en 2010 par des cérémonies fastueuses qu'il entend évidemment présidées? Le budget est en place, le comité national d'organisation piloté par le Pr KIPRE Pierre ambassadeur de Côte d'Ivoire en France est à l'oeuvre. C'est clair, Laurent Gbagbo ne prendra pas de risque électoral avant les festivités du cinquantenaire dont le clou sera le 07 Août 2010 date anniversaire de la proclamation de l'indépendance.
 Et l'Accord de Ouagadougou signé en 2007 entre le Président Laurent Gbagbo et SORO Guillaume Secrétaire général des Forces Nouvelles (ex-rebellion)? Les signataires et leurs thuriféraires en sont les seuls bénéficiaires en terme de prospérité.


Cet Accord court depuis 3 ans bientôt et sans que les Ivoiriens ne voient le bout du tunnel. Au fil des ans,des mois, des semaines et des jours, la belle promesse de ramener la paix en 10 mois se transforme en davantage de cauchemards pour les citoyens de ce pays qui s'apauvrissent régulièrement à vue d'oeil de manière irréversible. Sa mise en oeuvre charrie des frustrations qui sont autant de sources d'inquiétudes.
SANGARE A. Kader  (Abidjan,le 11-11-09).
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 15:47
Pitié pour le Beau Blaise
qui, après 21 ans de pouvoir au Faso
est candidat à sa propre succession.
Comme si cela ne suffisait pas à sa peine,
voilà que la CEDEAO lui pend au cou
tous les dossiers chauds qui secouent l'Afrique de l'Ouest.
Déficit de démocratie au Togo,
 tous les Togolais chez le Beau Blaise.
Rebellion pour cause identitaire  en Côte d'Ivoire,
     tous les Ivoiriens chez le Beau Blaise.
Crimes en série contre l'humanité perpétrés en Guinée par Dadis le fou et sa soldatesque assoiffée de sang, qu'à cela ne tienne
tous les Guinéens chez le Beau Blaise.
Mais, hélàs, il y a un hic: le Beau Blaise n'est ni Dieu le père, ni batman, ni Zoro. Il est, comme  ses pairs africains,  expert dans le maniement de la langue de bois.
Résultat des courses: le Togo pleure dans les tenailles d'une dictature très fièvreuse.
La Côte d'Ivoire est toujours à la recherche de vrais Ivoiriens  pour aller au vote.Le certificat de nationalité régulièrement délivré par un vrai magistrat  n'en est pas la preuve.
Et le dossier guinéen pour lequel les victimes et leur boureaux sont convoqués au pays  des hommes intègres le 2 Novembre prochain? On prévoit le tout et n'importe quoi sauf la photo de famille avec Dadis le fou à la droite de papa Blaise et toutes les victimes à sa gauche. Mais, sait-on jamais? L'Afrique c'est l'Afrique!
Il est bien possible que la CEDEAO s'en remette à son très cher Beau Blaise,son auguste médiateur, pour guérir le Fasso des maux qui le rongent depuis plus de vingt ans: démocratie en panne; alternance bloquée.
 SANGARE Abdoul Kader   (25-10-09).
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